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Les expressions chinoises et leur histoire : Se battre au bord de la rivière

Écrit par CHINA GAZE

Selon tous les livres sur l'art de la guerre, il est dit que l'on peut mener une guerre devant une montagne, mais pas sur les bords d'une rivière. « Se battre sur les bords de la rivière » signifie que celui qui a la détermination de se battre pour sa vie atteindra la victoire. Dans cette photo : L'Art de la guerre de Sun Tzu (Liftarn/Wikipedia)

Selon tous les livres sur l’art de la guerre, il est dit que l’on peut mener une guerre devant une montagne, mais pas sur les bords d’une rivière. « Se battre sur les bords de la rivière » signifie que celui qui a la détermination de se battre pour sa vie atteindra la victoire. Dans cette photo : L’Art de la guerre de Sun Tzu (Liftarn/Wikipedia)

La stratégie unique de Han Xin apporte la victoire contre une armée plus grande

Au cours des 5000 ans de culture traditionnelle chinoise, les expressions chinoises se remarquent comme des perles brillantes dans le trésor de la langue chinoise et des phrases populaires. Elles sont concises, vivantes, expressives et représentent la richesse des cultures ethniques associée à de nombreux faits historiques. La formation de chaque expression reflète des vérités historiques à l’image de la politique, de l’armée, de la culture, des coutumes folkloriques, de la morale et des idées de la Chine. Ces expressions nous aident à mieux comprendre la longue histoire de la Chine, sa sagesse inégalée et sa langue intemporelle.

(bèi) contre(shuǐ) l’eau, (yī) une (zhàn) bataille

Han Xin était le général et le stratège de Liu Bang, l’empereur fondateur de la Dynastie Han.

Liu Bang voulait soumettre toute la Chine centrale. Han Xin réussit à vaincre Xiang Yu, le chef rival de Liu Bang et traversa le Fleuve Jaune pour capturer le Roi de Wei, impuissant sans la protection de Xiang Yu. Ensuite, Han Xin marcha vers l’est et attaqua l’état de Zhao.

Une édition antique en bambou de l'Art de la guerre de Sun Tzu (vlasta2/Wikipedia)

Une édition antique en bambou de l’Art de la guerre de Sun Tzu (vlasta2/Wikipedia)

Les troupes de Han Xin devaient traverser un col de montagne très étroit appelé Col de Jingxing. Un soldat du camp ennemi suggéra qu’ils envoient des troupes pour bloquer le col et par la même occasion couper l’accès au convoi de ravitaillement. Le général de l’état de Zhao savait qu’il possédait beaucoup plus de soldats que l’armée de Han Xin et insista pour organiser une bataille en face à face.

Les troupes de Han Xin campèrent à 50km du Col de Jingxing. Han Xin positionna 10 000 soldats face à la rivière pour tromper l’ennemi. En même temps, 2 000 soldats, portant léger, s’infiltrèrent dans le camp ennemi alors que personne ne s’y trouvait et remplacèrent les bannières de Zhao par des bannières de Han. Se battre face à la rivière était une stratégie dangereuse qui n’avait jamais été recommandée par aucun livre sur les stratégies de guerre. Le général de Zhao se sentit satisfait et pensa que c’était une bonne occasion de gagner étant donné que l’armée de Han Xin n’aurait aucune issue pour fuir.

Le lendemain matin, les soldats de Han Xin attaquèrent en premier et les deux camps se battirent avec vigueur. Les soldats de Han firent mine d’être battus et se retirèrent vers les bords de la rivière. Les soldats de Zhao fondirent tous ensemble à leurs trousses en laissant leur camp vide. Pendant ce temps, comme Han Xin avait envoyé ses meilleures ressources se battre contre les soldats ennemis sur la rive, ils se battirent aussi fort qu’ils le purent et comme ils n’avaient aucune issue pour fuir, ils devraient remporter la bataille ou mourir. L’armée de Zhao ne put cependant pas remporter la victoire et se battirent en retraite. Lorsqu’ils arrivèrent dans leur camp, ils virent que toutes leurs bannières avaient été remplacées par les bannières de Han. Ils eurent tellement peur qu’ils s’enfuirent dans toutes les directions. Les soldats de Han Xin les poursuivirent et ils gagnèrent cette grande bataille.

Peu de temps après, les petits généraux demandèrent à Han Xin : « Dans tous les livres sur l’art de la guerre, il est dit que l’on peut mener une guerre devant une montagne, mais pas devant une rivière. Pourtant, vous avez réussi à gagner. Quel genre de stratégie avez-vous utilisé ? »

Han Xin répondit en riant : « Ma stratégie se trouve aussi dans les livres. En plaçant les soldats dans une situation où ils ne peuvent pas fuir, ils doivent se battre pour leur vie. Si tout le monde peut battre en retraite, comment allez-vous les amener à se battre aussi fort qu’ils le peuvent ? »

« Se battre sur les bords de la rivière » signifie que celui qui a la détermination de se battre pour sa vie atteindra la victoire.

Version anglaise : http://www.chinagaze.com/2013/04/24/chinese-idioms-and-their-stories-battle-at-the-river-front

Version chinoise : http://www.chinagaze.com/2013/04/24/chinese-idioms-and-their-stories-battle-at-the-river-front

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Expressions populaires chinoises : avoir une langue de 10 centimètres

CHINA GAZE

L'expression populaire chinoise «avoir une langue de dix centimètres» désigne une personne très éloquente et capable de persuader par son discours. (drs2biz/Flickr)

L’expression populaire chinoise «avoir une langue de dix centimètres» désigne une personne très éloquente et capable de persuader par son discours. (drs2biz/Flickr)

Les paroles éloquentes de Mao Sui persuadent le Roi de Chu

Les expressions chinoises et leurs histoires

Au cours des 5000 ans de culture traditionnelle chinoise, les expressions chinoises se remarquent comme des perles brillantes dans le trésor de la langue chinoise et des phrases populaires. Elles sont concises, vivantes, expressives et représentent la richesse des cultures ethniques associée à de nombreux faits historiques. La formation de chaque expression reflète des vérités historiques à l’image de la politique, de l’armée, de la culture, des coutumes folkloriques, de la morale et des idées de la Chine. Ces expressions nous aident à mieux comprendre la longue histoire de la Chine, sa sagesse inégalée et sa langue intemporelle.

Les paroles éloquentes de Mao Sui sauvent l’état de Zhao

Au cours de la Période des Royaumes combattants, les soldats de l’état de Qin encerclèrent Han Dan, la capitale de Zhao. Le Roi de Zhao envoya Ping Yunjun chercher de l’aide dans l’état de Chu et signer un traité avec le Roi de Chu. Ping Yunjun décida d’emmener vingt personnes avec lui, parmi lesquelles des intellectuels et des guerriers. Après avoir désigné 19 personnes, il ne pouvait pas trouver la dernière personne. Alors, un homme appelé Mao Sui se désigna de lui-même. Mao Sui était l’un des partisans de Ping Yuanjun. Après lui avoir posé quelques questions, Ping Yunajun accepta avec une certaine hésitation que Mao Sui les accompagne.

Mao Sui était un homme d’apparence ordinaire, mais il était très éloquent et très persuasif. Une fois arrivés dans l’état de Chu, Mao Sui et les 19 autres personnes commencèrent à parler des affaires d’état. Mao Sui fit preuve de sa pensée claire et logique. Tout le monde fut impressionné par ses connaissances et ses aptitudes.

Le jour de la rencontre entre Ping Yunjun et le Roi de Chu, ils parlèrent du petit matin jusque midi, sans atteindre aucun résultat. Les compagnons de Ping Yunjun attendaient avec angoisse et Mao Sui se désigna volontaire pour monter au palais et voir ce qui se passait. Touchant son épée d’une main, Mao Sui gravit calmement les escaliers. Le Roi de Chu le regarda de haut et lui fit signe de s’éloigner. Mao Sui gravit les dernières grandes marches en se dirigeant vers le Roi de Chu et dit : « Votre Majesté ose se montrer rude envers moi devant mon maître, uniquement parce que vous dirigez des millions de soldats. Mais maintenant, votre vie est entre mes mains et vos soldats ne vous serviront à rien. » Mao Sui expliqua que le convoi était venu pour signer un traité et se joindre aux forces de l’état de Chu pour vaincre l’état de Qin et que tout cela serait fait pour le bénéfice de Chu et non celui de l’état de Zhao.

Le Roi de Chu fut impressionné par les paroles de Mao Sui et il signa le traité avec Ping Yunjun. C’est ainsi que la mission d’unir les états de Zhao et de Chu contre l’état de Qin s’acheva avec succès.

Après son retour à Zhao, Ping Yunjun parla aux autres de la contribution de Mao Sui au traité et il gémit : « Je ne me vanterai plus jamais de mes aptitudes à reconnaître les talents. J’ai rencontré des milliers de gens auparavant. Je pensais que personne ne pouvait échapper à mes yeux, mais voilà, je n’ai pas reconnu le talent de Mao Sui. Au moment où Mao Sui est arrivé à Chu, il a relevé la position de Zhao. Son discours face au Roi de Chu était plus puissant que la présence d’un million de soldats. »

Après cela, Ping Yunjun traita Mao Sui en invité d’honneur.

L’expression populaire chinoise « avoir une langue de dix centimètres » signifie qu’une personne est très éloquente et persuasive.

Pendant la Période des Royaumes combattants, des soldats de l'état de Qin encerclaient Han Dan, la capitale de Zhao. (Richardprins/Wikipedia)

Pendant la Période des Royaumes combattants, des soldats de l’état de Qin encerclaient Han Dan, la capitale de Zhao. (Richardprins/Wikipedia)

Version anglaise : http://www.chinagaze.com/2013/04/29/chinese-popular-phrases-a-3-inch-tongue