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Expressions populaires chinoises : L’eau renversée ne peut plus être ramassée

Écrit par CHINA GAZE

« L'eau renversée ne peut plus être ramassée » (覆水難收) signifie que la relation entre un homme et une femme a atteint un point de non-retour (Sarah Korf-Flickr)

« L’eau renversée ne peut plus être ramassée » (覆水難收) signifie que la relation entre un homme et une femme a atteint un point de non-retour (Sarah Korf-Flickr)

Les expressions chinoises et leur histoire

Au cours des 5000 ans de culture traditionnelle chinoise, les expressions chinoises se remarquent comme des perles brillantes dans le trésor de la langue chinoise et des phrases populaires. Elles sont concises, vivantes, expressives et représentent la richesse des cultures ethniques associée à de nombreux faits historiques. La formation de chaque expression reflète des vérités historiques à l’image de la politique, de l’armée, de la culture, des coutumes folkloriques, de la morale et des idées de la Chine. Ces expressions nous aident à mieux comprendre la longue histoire de la Chine, sa sagesse inégalée et sa langue intemporelle.

覆水難收

 

(fu) – renverser (shui) – eau (nan) – difficile (shou) – ramasser

Zhu Maichen était un jeune homme très studieux et il ne savait rien faire d’autre qu’étudier toute la journée. Comme son cœur était dans les livres, il ne sortait pas pour trouver un meilleur moyen de gagner sa vie. Lui et son épouse vivaient donc pauvrement. La nuit, il ne pouvait pas se permettre d’allumer une lampe à huile et il devait utiliser des branches de pin huileuses pour éclairer ses lectures.

« Notre relation est comme l'eau renversée, on ne peut plus la récupérer, » dit Zhu Maichen à son ex-épouse après leur divorce. (☺ Lee J Haywood/Flickr)

« Notre relation est comme l’eau renversée, on ne peut plus la récupérer, » dit Zhu Maichen à son ex-épouse après leur divorce. (☺ Lee J Haywood/Flickr)

De telles épreuves étaient insupportables pour son épouse. Un jour, elle supplia en pleurant son mari d’accepter le divorce. Zhu Maichen répondit : « Nous sommes pauvres maintenant, mais un jour je passerai l’examen et je deviendrai un responsable de haut rang. Nous serons riches et prospères pour le reste de notre vie. »

Mais son épouse insista pour partir. Zhu Maichen fit de son mieux pour la persuader, mais en vain. Il la laissa donc partir.

Quelques années plus tard, Zhu Maichen finit par devenir préfet. Son retour dans sa ville natale après l’examen fut un si grand événement que le magistrat demanda à ses gens de nettoyer les rues pour l’accueillir. Ce jour-là, son ex-épouse était aussi dans la foule. Elle lui dit : « Je suis ton épouse, mais me reconnais-tu ? Je sais que j’ai eu tort autrefois. Me pardonneras-tu ? »

Lorsqu’elle vit Zhu Maichen portant la robe et le chapeau d’un responsable, elle fut éblouie par son apparence majestueuse. Elle ne put s’empêcher de lui demander de la reprendre. Zhu Maichen demanda à son intendant d’apporter un seau d’eau et de le verser sur le sol. Zhu Maichen dit ensuite à son ex-épouse : « Notre relation est comme l’eau renversée, on ne peut plus la récupérer. »

Ainsi généralement « L’eau renversée ne peut plus être ramassée » signifie que la relation entre un homme et une femme a atteint un point de non-retour.

Version anglaise : Popular Chinese Phrases: Uncollectable Spilled Water

Selon la philosophie chinoise, le destin d’une personne est déterminé par les cieux

CHINA GAZE

L'un dit à l'autre : « Nous devons bien servir ce vieil homme, car c'est lui qui déterminera notre avenir. » L'autre répondit : « Non, ce n'est pas lui qui décide de notre avenir, ce sont les divinités.» (edwin.11/Flickr)

L’un dit à l’autre : « Nous devons bien servir ce vieil homme, car c’est lui qui déterminera notre avenir. » L’autre répondit : « Non, ce n’est pas lui qui décide de notre avenir, ce sont les divinités.» (edwin.11/Flickr)

L’histoire d’un célèbre politicien de la Dynastie Tang

De nombreuses histoires du passé de la Chine reflètent directement sa philosophie. En voici une.

Une nuit, Wei Zheng, un célèbre politicien de la Dynastie Tang, entendit au loin deux de ses serviteurs débattre entre eux. L’un disait à l’autre : « Nous devons bien servir ce vieil homme, car c’est lui qui déterminera notre avenir. » L’autre répondait : « Non, ce n’est pas lui qui décide de notre avenir, ce sont les divinités.»

Les deux n’arrivant pas à se convaincre l’un l’autre, Wei Zheng demanda au serviteur qui avait dit que son destin serait déterminé par son Maître d’entrer. Il lui demanda d’aller transmettre une lettre au gouverneur local. Personne, à l’exception de Wei Zheng, ne savait que dans cette lettre il était écrit : « Veuillez accorder une promotion à ce messager. »

Mais l’homme à qui Wei Zheng avait demandé de porter le message fut pris d’une soudaine crise cardiaque et ne put plus se relever. L’autre serviteur délivra donc la missive à sa place.

Wei Zheng fut très surpris de découvrir qu’en dépit de son plan, c’est le serviteur qui avait dit que le destin est déterminé par les divinités qui obtint la promotion.

Wei Zheng fut très surpris de découvrir qu'en dépit de son plan, c'est le serviteur qui avait dit que le destin est déterminé par les divinités qui obtint la promotion. (scjody/Flickr)

Wei Zheng fut très surpris de découvrir qu’en dépit de son plan, c’est le serviteur qui avait dit que le destin est déterminé par les divinités qui obtint la promotion. (scjody/Flickr)

Version anglaise : In Chinese Philosophy, a Person’s Fate is Decided by Heaven

Légendes de l’origine du poisson en bois dans le bouddhisme chinois

Écrit par ChINA GAZE

Un poisson en bois suspendu dans un temple bouddhiste frappé au moment de servir les repas. (Fg2/Wikipedia)

Un poisson en bois suspendu dans un temple bouddhiste frappé au moment de servir les repas. (Fg2/Wikipedia)

Quand l’utilisation du poisson de bois a-t-elle commencé dans le bouddhisme chinois ? Pourquoi a-t-il été conçu en forme de poisson et quel en est la signification ? Bien qu’il existe de nombreuses légendes à ce sujet, l’histoire suivante, issue du bouddhisme chinois, pourrait répondre à certaines de ces questions.

Cette histoire se retrouve dans un recueil de Xuanzang. À son retour d’un pèlerinage en Inde, le moine bouddhiste chinois Xuanzang rencontra un homme endeuillé déjà âgé alors qu’il traversait la région de Shu (aujourd’hui province du Sichuan). Alors que le vieil homme était en train de chasser, sa belle-mère avait jeté son fils de trois ans dans une rivière. En signe de deuil pour l’enfant tragiquement décédé, le vieil homme offrit un repas végétarien au moine. Mais Xuangzang insista pour manger du poisson. Le vieil homme lui acheta donc un gros poisson. Alors qu’il ouvrait les entrailles du poisson pour le préparer, son propre enfant en sortit. Xuangzang lui dit : « C’est la vertu, car l’enfant avait respecté le précepte de ne pas tuer dans sa vie passée. Il a donc pu survivre après avoir été avalé par le poisson. » Le vieil homme demanda à Xuangzang comment il pourrait remercier le poisson. Xuangzang répondit : « Le poisson a été sacrifié pour sauver l’enfant. Il faudrait graver un morceau de bois en forme de poisson et le suspendre dans un temple bouddhiste. Frappez ce morceau de bois lorsque vous servez les repas. De cette façon, cette faveur pourra être remboursée. » Telle est l’une des légendes entourant l’origine de ce poisson de bois dans le bouddhisme chinois.

Selon une autre légende, la véritable signification du poisson de bois devrait être comme indiqué dans les Règles monastiques écrites par Maître Bai Zang : les moines bouddhistes doivent frapper le poisson de bois en chantant les sutras bouddhistes. La raison de cette règle est que les poissons ne ferment jamais les yeux, ce qui signifie que les moines devraient rester sans cesse attentifs à maintenir leur vertu et étudier avec diligence.

En d’autres termes, le poisson de bois est un instrument important utilisé pour rappeler aux moines d’être diligents dans leur cultivation.

Version moderne d'un petit poisson de bois. Les moines bouddhistes frappent ce poisson de bois en chantant les sutras. (Haiyuelou/Dreamstime)

Version moderne d’un petit poisson de bois. Les moines bouddhistes frappent ce poisson de bois en chantant les sutras. (Haiyuelou/Dreamstime)

Version anglaise : http://www.chinagaze.com/2013/07/10/legend-of-the-origin-of-the-wooden-fish-in-chinese-buddhism