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La soie, l’une des plus anciennes inventions chinoises

Écrit par Aizhu Lu, CHINA GAZE

De toutes les inventions chinoises, la soie (絲) est peut-être la plus ancienne. Des traces de tissus de soie ont été trouvés parmi des vestiges datant de 1300 avant notre ère. Ci-dessus, métier à tisser Tian Gong Kai Wu

De toutes les inventions chinoises, la soie (絲) est peut-être la plus ancienne. Des traces de tissus de soie ont été trouvés parmi des vestiges datant de 1300 avant notre ère. Ci-dessus, métier à tisser Tian Gong Kai Wu

De toutes les inventions chinoises, la soie () est peut-être la plus ancienne. Des traces de tissus de soie ont été trouvés parmi des vestiges datant de 1300 avant notre ère. L’utilisation de la soie en Chine remonte peut-être bien au-delà de cette période. Il est dit que jusqu’au 2e Siècle avant notre ère, la soie était connue uniquement en Chine. Une encyclopédie chinoise datant du 16e Siècle, compilée par le cosmologue Song Yingxing (宋應星), décrit les anciennes technologies chinoises. Dans le 7e volume de cette encyclopédie, un article illustré présente la soie comme une invention caractérisant bien le mode de vie des Chinois.

Comment l’Orient et l’Occident ont-ils établi leurs échanges commerciaux ?

Au cours du 2e siècle, des événements ont joué un rôle d’importance similaire pour l’Orient et l’Occident. Des tribus de fiers nomades appelés Xiongnu (匈奴) attaquaient constamment l’Empire chinois, avant que la Chine ne les repousse vers l’ouest. (Ces tribus pourraient être les Huns qui ont plus tard envahi l’Europe.) En 138 avant notre ère, dans le but de mettre fin à ce conflit, l’Empereur chinois envoya une mission diplomatique conduite par Zhang Qian (張騫). Cette mission traversa les déserts d’Asie centrale pour demander une alliance à une tribu amie afin de défaire les Xiongnu. Mais peu après avoir quitté la Chine, Zhang Qian et ses hommes furent capturés par ces mêmes Xiongnu et jetés en prison.

Ce n’est que 12 ans plus tard que Zhang Qian parvint à rentrer dans la capitale chinoise. Bien que cette mission se soit soldée par un échec, cette expérience donna aux Chinois une première connaissance précise de l’étendue de l’Asie centrale. Grâce à cette expérience, des années plus tard, la Chine lança une série de campagnes militaires visant à briser le pouvoir des Xiongnu et plaça l’Asie centrale sous sa domination. Dans tous les déserts d’Asie centrale, les victoires chinoises permirent d’établir de nombreux comptoirs. Bien avant la naissance de Jésus-Christ, ces garnisons devinrent l’ébauche d’une route de commerce reliant la Chine à l’Occident. La Route de la Soie était née. Celle-ci traversait le Turkmenistan (土庫曼) et la Perse (波斯) avant d’atteindre les rives de la Mer Méditerranée 地中海. De là, des navires poursuivaient la route vers Rome (羅馬). Rome et la Chine, les deux empires les plus puissants au Monde, étaient ainsi reliés par le commerce.

La Route de la Soie traversait le Turkmenistan et la Perse avant d'atteindre les rives de la Mer Méditerranée  地中海 (NASA/Goddard Space Flight Center/Wikipedia)

La Route de la Soie traversait le Turkmenistan et la Perse avant d’atteindre les rives de la Mer Méditerranée 地中海 (NASA/Goddard Space Flight Center/Wikipedia)

La Route de la Soie

Le produit le plus important à être acheminé de la Chine vers Rome par cette voie était la soie. En raison de sa grande valeur et de son poids léger, la soie était le produit idéal pour les caravanes entreprenant ce long voyage. De plus en plus de soie était transportée sur cette route, elle fut donc baptisée la Route de la Soie (絲路).

En échange de la soie, l’Empire romain envoyait à la Chine des pierres précieuses, de la laine et du verre. Mais aucun de ces produits ne pouvait être comparé en valeur à la soie. Tissé dans une gaze semi-transparente, la soie est rapidement devenu à la mode parmi les dames romaines. (cfr Les dons de la Chine à l’Occident, 1942, Derk Bodde de l’Université de Pennsylvanie)

Après la chute de l’empire romain en 476 de notre ère, le commerce de la soie se poursuivit avec Byzance (Constantinople), le centre de la civilisation européenne au Moyen Âge. À cette époque, les Européens n’avaient pas d’idée précise de la façon dont la soie était produite. Au milieu du 6e siècle, l’Empereur byzantin envoya quelques moines vers l’Est pour apprendre les secrets de la confection de la soie. Ils rapportèrent avec eux de précieux œufs de vers à soie. De ces œufs naquirent l’innombrable descendance des vers à soie qui se sont depuis répandus dans toute l’Europe. Aujourd’hui, la majeure partie de la soie européenne est fabriquée en France et en Italie.

C’est ainsi que la soie a été transmise de l’Est vers l’Ouest. Aujourd’hui, des imitations artificielles et synthétiques remplacent le tissu naturel. Est-ce encore une avancée de l’humanité ? Ou un recul. La réponse se trouve peut-être dans les enseignements de Lao Zi (老子)

人法地 L’homme suit la Terre

地法天 La Terre suit le Ciel

天法道 Le Ciel suit la Voie

道法自然 La Voie suit ce qui est naturel

Au milieu du 6e siècle, l'Empereur byzantin envoya quelques moines vers l'Est pour apprendre les secrets de la confection de la soie. Ils rapportèrent avec eux de précieux œufs de vers à soie (Wikipedia)

Au milieu du 6e siècle, l’Empereur byzantin envoya quelques moines vers l’Est pour apprendre les secrets de la confection de la soie. Ils rapportèrent avec eux de précieux œufs de vers à soie (Wikipedia)

Version anglaise : Chinese Silk, One of the Oldest Chinese Inventions

Des inventions chinoises très en avance sur leur temps

Écrit par CHINA GAZE

Les navires de guerre ou de transports étaient la clé de tout empire dans la Chine antique en raison des nombreuses rivières et autres voies d'eau. La plupart des navires de guerre mesuraient plus de 90 mètres de long sur 22 mètres de large. (Wikipedia)

Les navires de guerre ou de transports étaient la clé de tout empire dans la Chine antique en raison des nombreuses rivières et autres voies d’eau. La plupart des navires de guerre mesuraient plus de 90 mètres de long sur 22 mètres de large. (Wikipedia)

Les anciens Chinois ont sans conteste été les ingénieurs les plus sophistiqués de l’histoire comme le montre la grande variété des inventions de la Chine antique. Les anciens Chinois ont par exemple utilisé le chrome sur leurs épées dès la Dynastie Qin en 300 avant notre ère. Ils ont aussi été les premiers à construire une torpille ainsi qu’une forteresse flottante propulsée par des hélices. Ils ont également inventé le tuba de plongée et les mines aquatiques. Voyons ici quelques-unes de ces inventions.

Le chrome

Le chrome aurait été découvert par Peter Simon Pallas au 18ème siècle, mais des archéologues en Chine ont découvert des armes couvertes de ce métal argenté dans une fosse mortuaire datant de la Dynastie Qin il y a plus de 2 000 ans. Les soldats de l’époque couvraient ainsi leurs têtes de flèches et leurs épées parfois longues de 3 mètres. Les têtes de flèches fabriquées de façon non conventionnelles avaient 4 côté, ce qui prouvent que les Chinois avaient déjà des connaissances en aérodynamique et pouvaient rendre leurs flèches très efficaces. La plupart des armes chinoises de l’époque étaient couvertes de chrome, tout comme les chars et les épées des soldats de terre cuite découverts dans la tombe du premier empereur.

Les constructions navales

Les navires de guerre ou de transports étaient la clé de tout empire dans la Chine antique en raison des nombreuses rivières et autres voies d’eau. La plupart des navires de guerre mesuraient plus de 90 mètres de long sur 22 mètres de large. Ces vaisseaux étaient si énormes et si bien construit qu’il serait imaginable que les Chinois anciens aient facilement navigué jusqu’en Amérique, ce qui appuierait la thèse de certains chercheurs selon laquelle l’ADN des Indiens d’Amérique serait chinois.

Le plus grand bateau de l’Antiquité chinoise était une véritable forteresse flottante de près de 550 mètres de long et de 270 mètres de large. Ce navire était un véritable fort ambulant. Il s’approchait d’un navire ou d’un palais, l’abordait et les 2 000 soldats à son bord pouvaient écraser l’ennemi. Au centre du navire se trouvait une structure à quatre faces vitrées contenant les archers qui pouvaient arroser l’ennemi de leurs flèches tout en étant protégés. Différent des autres bateaux de l’époque généralement qui utilisaient des rames, certains bateaux chinois étaient propulsés avec des hélices. L’hélice était motorisée par un système de pédales, invisible de l’extérieur de sorte que l’ennemi pensait que le bateau était mû par des « esprits », ce qui apportait encore un avantage psychologique à l’assaillant.

Tuba, mines aquatiques et torpilles

Les anciens Chinois devaient trouver le moyen de conquérir l’eau et leurs recherches ont abouti à des inventions qui ont marqué l’histoire de l’humanité. Le tuba est l’élément essentiel de toutes les technologies sous-marines modernes. Les Chinois utilisaient un tuba pour attaquer les navires ennemis la nuit. Cet instrument respiratoire n’était effectif qu’au-dessus de trois mètres de profondeur, les assaillants devaient donc se camoufler avec des herbes et autres matériaux. Les tubas aidaient également les plongeurs à déployer les mines marines.

Avec la poudre à canon, une autre invention chinoise, les Chinois ont créé des engins explosifs flottant sur l’eau. Lorsqu’ils avaient repéré un navire ennemi, des plongeurs allumaient une mèche protégée dans un pot rempli de poudre à canon. Ces mines étaient très performantes pour couler les bateaux.

L’invention la plus incroyable reste sans doute la torpille. Les torpilles chinoises étaient tirées dans l’eau comme des fusées, avec une mèche et de la poudre à canon et naviguaient vers leur cible. Ces torpilles étaient également un moyen sûr de couler les navires.

Les anciens Chinois avaient de grands esprits et pouvaient en tirer grand avantage. Notre monde moderne leur doit encore beaucoup pour toutes ces inventions.

Les torpilles chinoises étaient tirées comme des fusées dans l'eau à partir du navire, avec une mèche et de la poudre à canon et naviguaient vers leur cible (NASA/Wikipedia)

Les torpilles chinoises étaient tirées comme des fusées dans l’eau à partir du navire, avec une mèche et de la poudre à canon et naviguaient vers leur cible (NASA/Wikipedia)

L’évolution des objets du thé au cours des dynasties chinoises

Écrit par Lily Wang, CHINA GAZE

Les Chinois de la Dynastie Tang utilisaient différentes méthodes de préparation du thé. L'une de ces méthodes était de faire bouillir les feuilles de thé mélangées à du gingembre, des poireaux, de la menthe, des dattes, du cornouiller et de la peau d'orange. Cette méthode était déjà utilisée au cours de la Dynastie Han (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

Les Chinois de la Dynastie Tang utilisaient différentes méthodes de préparation du thé. L’une de ces méthodes était de faire bouillir les feuilles de thé mélangées à du gingembre, des poireaux, de la menthe, des dattes, du cornouiller et de la peau d’orange. Cette méthode était déjà utilisée au cours de la Dynastie Han (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

Les objets du thé au cours des différentes dynasties

Lorsque l’on parle de la Chine antique et de ses inventions, les objets du thé se trouvent en bonne position en haut de la liste. Les objets du thé, tout comme les coutumes du thé, se sont développées parallèlement avec l’évolution des tendances, des besoins et des goûts des gens au cours de différentes époques. Pour pouvoir apprécier un objet du thé au même titre que toute œuvre d’art, nous devons d’abord comprendre un peu de son histoire. De la sorte, en observant un objet particulier, nous saurons où le situer sur une ligne du temps et nous pourrons l’apprécier dans son juste contexte. Ce qui semble vieux et sans attrait aujourd’hui peut avoir été un produit très à la mode voire en avance sur son temps à l’époque de sa création !

La Dynastie Tang (618-907)

La Dynastie Tang a été une des périodes les plus puissantes et prospères de l’histoire chinoise. L’abondance économique et la vie culturelle florissante ont formé les conditions essentielles au développement de la culture du thé.

L’usage de boire le thé s’est rapidement développé des régions méridionales de la Chine vers le nord jusqu’à atteindre les frontières du pays au cours de cette dynastie. La cour impériale de la Dynastie Tang portait une grande attention envers tout ce qui avait trait à la consommation du thé. Le facteur le plus influent qui ait contribué à l’établissement de la culture chinoise du thé a été le célèbre traité « Le Classique du thé » (en chinois Cha Jing) écrit par Lu Yu au milieu du 8ème siècle.

Dans la seconde partie de la Dynastie Tang, différents objets de couleur blanche similaire à la porcelaine se sont répandus dans le nord du pays, dont les objets « xing » cités dans le Classique du thé, ou les objets « ding ». La variété des formes d’aiguières (sorte de vase avec bec et anse) que l’on retrouve alors dans la région de Changsha dans la province du Hunan, souligne un développement historique important dans les techniques de peinture de décors sur céramique.

Aiguière vernissée en forme de plaquemine (kaki), Dynastie Tang ou Liao, 9-10ème siècle (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong )

Aiguière vernissée en forme de plaquemine (kaki), Dynastie Tang ou Liao, 9-10ème siècle (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong )

La Dynastie Song (960-1279)

Au cours de la Dynastie Song, la culture chinoise du thé était déjà bien établie au sein de la société au point que le thé soit reconnu comme une boisson nationale consommée par tous les niveaux sociaux.

Le développement florissant de la production de céramiques au cours de la Dynastie Song a permis l’émergence des objets des Cinq fours classiques : Ru Ding, Guan, Jun et Ge. En-dehors de ces fours très célèbres, un grand nombre de fours produisant des objets du thé, chacun présentant leurs distinctions régionales, ont existé au cours de cette période. On retrouve par exemple des objets de Yaozhou et de Cizhou dans le nord de la Chine ou encore de Yue, Jian, Jizhou et Longquan dans le sud de la Chine.

La texture épaisse et crémeuse ainsi que la subtile couleur bleu émeraude des glaçures est devenu la marque de qualité du céladon de la Dynastie Song. Par ailleurs, la fine porcelaine blanche, à l’exemple des objets « ding » créés à cette période était appréciée pour son lustre blanc à la nuance jaune.

La fabrication d’objets à glaçure noire a trouvé son apogée au cours de la Dynastie Song. C’était également une période dominante dans l’utilisation, lors des concours de préparation du thé, de bols brun sombre. Diverses formes d’objets à thé noirs sont également à noter pour leur glaçure marbrée et leurs motifs goutte d’huile ou fourrure de lièvre.

Le mode de préparation du thé le plus populaire à l'époque était la méthode du thé battu. Le thé était d'abord réduit en poudre fine. La quantité appropriée de thé était placée dans un bol et l'eau chaude était ensuite ajoutée. Le mélange était alors battu avec un fouet en bambou jusqu'à ce que de la mousse apparaisse à la surface (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

Le mode de préparation du thé le plus populaire à l’époque était la méthode du thé battu. Le thé était d’abord réduit en poudre fine. La quantité appropriée de thé était placée dans un bol et l’eau chaude était ensuite ajoutée. Le mélange était alors battu avec un fouet en bambou jusqu’à ce que de la mousse apparaisse à la surface (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

La Dynastie Ming (1368-1644)

L’émergence des théières pour la préparation des feuilles de thé entières constitue le développement majeur des objets du thé au cours de la Dynastie Ming.

La société lettrée de la Dynastie Ming considérait la consommation de thé comme un moyen à part entière d’élever son tempérament. Les érudits de l’époque aimaient à se rencontrer entre amis pour partager le thé.

En réalité, la théière a été inventée au 16ème siècle avec l’émergence de la méthode d’infusion des feuilles de thé entières.

Au début, les théières étaient plutôt grandes, mais leur taille a diminué avec le temps. Les amateurs de thé ont en effet observé qu’un récipient de taille réduite présentait l’avantage de retenir l’arôme du thé et l’empêchait de devenir amer à cause d’une infusion prolongée. Infuser le thé dans une petite théière permettait de conserver la fragrance tout en libérant les arômes.

Les métaux précieux étaient utilisés pour fabriquer les théières, mais les artisans ont rapidement découvert que les théières en céramique convenaient le mieux à la préparation du thé. Ils ont également observé que l’utilisation de différents matériaux bruts dans la fabrication de la porcelaine et des objets du thé en argile pourpre apportait différentes sensations lors de la préparation et la dégustation du thé.

Aiguière avec motifs bleus sous glaçure (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

Aiguière avec motifs bleus sous glaçure (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

La Dynastie Qing (1644-1911)

Les objets du thé en porcelaine de la Dynastie Qing étaient décorés avec différentes glaçures. Les glaçures apparentées aux objets « wucai » se sont enrichies avec le temps de bleu et de noir. Au cours de la période Kangxi, les potiers ont créé des émaux opaques, des matériaux vitreux sous forme de poudres souvent importées. Plus tard, les potiers chinois ont utilisé les mêmes matériaux bruts pour créer les émaux « fencai » pour porter l’art de la décoration sous glaçure vers de nouvelles hauteurs.

Au cours de la période Yongzheng est apparue une grande variété d’objets en porcelaine présentant des styles élégants et subtils, peints avec des motifs sépia et noir. L’application de plus en plus répandue de motifs en dorures sur les céramiques a rendu les objets de la Dynastie Qing encore plus somptueux.

En contraste aux porcelaines richement décorées, les objets en terre pourpre et sans glaçure de la région de Yixing étaient également recherchés pour leurs formes rustiques, leurs contours délicats et leurs motifs joliment gravés.

La production de céramique sous la Dynastie Qing a atteint sa maturité lors de la période Qianlong. À cette époque, les fours les plus remarquables se trouvaient à Jingdezhen dans la province du Jiangxi ou à Yixing dans la province du Jiangsu. La porcelaine et l’argile pourpre de ces régions ont acquis une même réputation et proposaient des objets d’une qualité inégalée au cours de la période Qing.

Ustensiles pour la préparation du thé selon la méthode gongfu (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

Ustensiles pour la préparation du thé selon la méthode gongfu (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

Théière décorée dans le style doucai représentant les Trois amis de l'hiver (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

Théière décorée dans le style doucai représentant les Trois amis de l’hiver (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

Version anglaise : Tea Ware is One of Ancient China’s Greatest Inventions

La porcelaine, une invention chinoise des plus raffinées

Écrit par Aizhu Lu, CHINA GAZE

Depuis des temps immémoriaux, les peuples du monde entier ont transformé et cuit la terre pour en faire des bols, des assiette et des vases. La Chine a commencé à maîtriser cet art il y a 6 000 ans.  Ci-dessus, un pot bleu et blanc datant de la Dynastie Ming, 1368-1644.

Depuis des temps immémoriaux, les peuples du monde entier ont transformé et cuit la terre pour en faire des bols, des assiette et des vases. La Chine a commencé à maîtriser cet art il y a 6 000 ans.
Ci-dessus, un pot bleu et blanc datant de la Dynastie Ming, 1368-1644.

La porcelaine est appelée en anglais sous le nom de « China ». Il s’agit en effet de l’une des plus grandes inventions chinoises, remontant à la Dynastie des Han de l’est. Son nom chinois est Ci () ou Ciqi (瓷器). Le terme « Porcelaine » vient de l’italien « Porcellana » qui désignait originellement une sorte de coquillage porcelaine blanc. Son aspect blanc translucide a en effet amené de nombreux Européens à penser que la porcelaine était créée à partir de coquillages.

Depuis des temps immémoriaux, les peuples du monde entier ont transformé et cuit la terre pour en faire des bols, des assiette et des vases. La Chine a commencé à maîtriser cet art il y a 6 000 ans et la porcelaine est reconnue comme une invention chinoise à part entière. La véritable porcelaine se distingue des autres produits de terre cuite par sa blancheur, son aspect lisse et translucide, sa finesse et le son de cloche qu’elle donne lorsqu’elle est frappée. Les assiettes et les bols, même épais et gros, sont appelés porcelaine lorsqu’ils sont de qualité supérieure. Les pots et autres récipients de cuisine sont considérés comme poterie et éventuellement comme faïence.

Quelles sont les caractéristiques de la porcelaine ?

Les caractéristiques de la porcelaine viennent de deux minéraux qui la constituent. Le premier est une sorte d’argile blanche, ou silicate d’aluminium aussi appelé kaolin. En chinois le terme gaoling signifie 高陵 haute colline, se référant à une colline se trouvant à 30 km du célèbre four à porcelaine de Jingdezhen (景徳鎮) dans la province du Jiangxi (江西)

Le second élément est appelé pétunsé, une roche de la famille des mica, proche du gaoling, avec un aspect plus translucide.

Les illustrations suivantes présentent les différentes étapes de fabrication de la porcelaine (selon le livre Tian Gong Kai Wu 天工开物 de Song Yingxing, 1637)

Jingdezhen: Étapes de production

Jingdezhen: Étapes de production

Jingdezhen: Moulage

Jingdezhen: Moulage

Jingdezhen: Préparation à l'expédition

Jingdezhen: Préparation à l’expédition

Jingdezhen: Cuisson au four

Jingdezhen: Cuisson au four

La Chine ancienne : la terre d’invention de la porcelaine

Savez-vous d’où vient le terme chinois (Ci) désignant la porcelaine ? Ce caractère mentionne les exploits des alchimistes chinois. Dans leur quête de l’élixir d’immortalité, les alchimistes ont procédé à des expériences en ingérant de nombreuses sortes de minéraux, dont le gaoling. Ainsi, dans la littérature chinoise, le gaoling est désigné comme un remède médicinal avant d’être reconnu comme composant de la porcelaine. Selon certains intellectuels, l’alchimie chinoise a inspiré l’alchimie du Moyen-Âge européen, qui a ensuite donné naissance à la chimie moderne.

Le four de Jingdezhen est devenu un centre de manufacture de la porcelaine au cours de la Dynastie Song et a ensuite produit la porcelaine fine des cours impériales et royales des Dynasties Yuan, Ming et Qing.

Le terme « Porcelaine » vient de l'italien « Porcellana » qui désignait originellement une sorte de coquillage porcelaine blanc. Vase de Fonthill. Cadeau de la Chine à Louis le Grand de Hongrie, 1338.

Le terme « Porcelaine » vient de l’italien « Porcellana » qui désignait originellement une sorte de coquillage porcelaine blanc. Vase de Fonthill. Cadeau de la Chine à Louis le Grand de Hongrie, 1338.

La porcelaine est aussi désignée en anglais sous le nom de « China ». Il s'agit en effet de l'une des plus grandes inventions chinoises, remontant à la Dynastie des Han de l'est. Flacon chinois en forme de lune, Dynastie Qing, 1723.

La porcelaine est aussi désignée en anglais sous le nom de « China ». Il s’agit en effet de l’une des plus grandes inventions chinoises, remontant à la Dynastie des Han de l’est. Flacon chinois en forme de lune, Dynastie Qing, 1723.

La porcelaine a été exportée par bateau vers la Corée à partir de 918, vers le Japon dès 1223 et plus tard vers d’autres pays d’Asie. Bien plus tard, la porcelaine est arrivée en Afrique du Nord et les pays du bassin méditerranéen. La porcelaine a aussi été transportée par la Route de la Soie vers la Perse avant d’être introduite en Italie en 1470 et de là en France et les autres pays d’Europe occidentale. La porcelaine est ainsi devenue l’une des plus grandes contributions de la Chine à l’humanité.

Version anglaise : http://www.chinagaze.com/2013/07/16/porcelain-one-of-the-most-exquisite-chinese-inventions

Un Chinois d’outremer se démarque dans le milieu international des mathématiques

Écrit par CHINA GAZE

Yitang Zhang, un mathématicien chinois d'outremer, enseignant actuellement dans les départements de mathématiques et des statistiques de l'Université du New Hampshire a récemment publié un article sur la conjecture des nombres premiers jumeaux dans les prestigieuses Annales des mathématiques.

Yitang Zhang, un mathématicien chinois d’outremer, enseignant actuellement dans les départements de mathématiques et des statistiques de l’Université du New Hampshire a récemment publié un article sur la conjecture des nombres premiers jumeaux dans les prestigieuses Annales des mathématiques.

Yitang Zhang, un mathématicien chinois d’outremer, enseignant actuellement dans les départements de mathématiques et des statistiques de l’Université du New Hampshire, s’est démarqué dans le milieu international des mathématiques avec la publication récente d’un article sur la conjecture des nombres premiers jumeaux. Grâce à cette avancée sur un problème mathématique ancien, ce mathématicien modeste et peu connu a soudain attiré l’attention des grands médias et a été applaudi comme un génie discret devenu célèbre en peu de temps.

La conjecture des nombres premiers jumeaux

En avril 2013, Yitang Zhang a soumis son article au sujet des « écarts entre les nombres premiers » aux prestigieuses Annales des mathématiques. Cette immense avancée a bouleversé les mathématiciens du monde entier. C’est la première fois qu’une personne prouve l’existence d’une infinité de nombres premiers jumeaux séparés par un seul nombre.

Inspiration lors d’une visite à un ami

Le Dr Zhang étudiait la conjecture des nombres premiers jumeaux depuis quatre ans, mais la solution ne s’est présentée à lui qu’en juillet dernier alors qu’il rendait visite à un ami dans le Colorado.

La preuve amenée par le Dr Zhang est très claire et convaincante et sa découverte est non seulement une avancée incroyable, mais représente aussi une étape importante pour le monde des mathématiques.

Yitang Zhang a repoussé une offre d'un éminent institut de recherches en Chine et a précisé que rentrer en Chine pourrait ne pas être positif pour son travail. (Autorisation de l'Université du New Hampshire)

Yitang Zhang a repoussé une offre d’un éminent institut de recherches en Chine et a précisé que rentrer en Chine pourrait ne pas être positif pour son travail. (Autorisation de l’Université du New Hampshire)

Henryk Iwaniec, un spécialiste américain de la théorie mathématique et aussi l’un des éditeurs du journal britannique Nature a commenté : « Cette preuve est super importante en ce qui concerne tout ce qui se passe dans les mathématiques et la physique mathématique. »

Yitang Zhang a été invité à prononcer un discours à l’Université de Harvard le 13 mai dernier, au cours duquel il a présenté la progression de sa recherche. Son discours a été vivement applaudi par les auditeurs. L’article en ligne du journal britannique Nature qualifiait ses résultats d’étape importante. Entretemps, ses résultats académiques ont fait sensation dans les grandes institutions américaines de recherche et différents instituts lui ont envoyé des invitations successives.

La vie est difficile, mais il n’abandonne jamais

Yitang Zhang est né à Pékin en 1955 et ses ancêtres étaient de Pinghu dans la province du Zhejiang en Chine. En 1978, il a été admis au Département des mathématiques de l’Université de Pékin avec les honneurs et y a décroché sa maîtrise. En 1985, il s’est installé aux États-Unis et a finalisé son doctorat à l’Université de Purdue.

Après avoir terminé son doctorat en 1992, Yitang Zhang ne trouvait pas de travail académique. Pour gagner sa vie, il a enchaîné les emplois divers comme comptable, commis de restaurant, livreur de repas, etc. Tout en errant et en endurant les épreuves, il a persisté dans la recherche des problèmes mathématiques.

En 1999, M. Zhang a finalement trouvé un emploi de professeur enseignant à l’Université du New Hampshire. Quelques années plus tard, il est devenu conférencier de l’université. En plus d’enseigner aux classes de premier cycle, il enseignait également dans le second cycle. Bien que cet emploi soit assez chargé, il a tout de même réussi à trouver du temps pour étudier les problèmes mathématiques qui l’intéressaient.

La raison de son succès : la persévérance

Lorsqu’il doit décrire les raisons de son succès, il répond que le plus important est la persévérance. Quand à ses sentiments face à sa soudaine accession à la célébrité, il mentionne trois choses qui le rendent heureux : «Tout d’abord, je suis heureux d’avoir résolu le problème. Ensuite, je suis heureux de voir que ma découverte a rapidement été reconnue. Enfin, je suis heureux d’avoir pu persévérer dans ce problème. »

Il a ajouté qu’une dernière raison à son succès est qu’il a beaucoup de chance. Il a expliqué qu’il a beaucoup de chance de pouvoir persévérer dans sa passion. «Vous devez y apporter une attention continue toute l’année, » a-t-il insisté.

Cela étant dit, il a refusé une offre d’un prestigieux institut de recherche en Chine et a expliqué : « Je ne rentrerai pas en Chine dans un avenir proche.» Il a ajouté que son principal souci est qu’un retour en Chine pourrait nuire à ses recherches et qu’il pourrait rencontrer de nombreuses interférences. Comme dit le proverbe : « On ne peut pas toujours faire ce que l’on veut. Il faut savoir faire des compromis dans ce monde. » Sans cela, « je ne serais pas qui je suis aujourd’hui, » a-t-il conclu.

Version anglaise : http://www.chinagaze.com/2013/07/07/overseas-chinese-math-expert-makes-splash-in-international-math-circles

Version chinoise : http://www.secretchina.com/news/13/06/13/500860.html

La légende des lanternes chinoises

Écrit par Lu Lu, CHINA GAZE

Chaque année, au cours de la Fête des lanternes, qui tombe le 15ème jour du premier mois lunaire, les gens accrochent des lanternes rouges pour créer une atmosphère festive, les lanternes étant un symbole de réunion. (Marufish/Flickr)

Chaque année, au cours de la Fête des lanternes, qui tombe le 15ème jour du premier mois lunaire, les gens accrochent des lanternes rouges pour créer une atmosphère festive, les lanternes étant un symbole de réunion. (Marufish/Flickr)

Les lanternes chinoises, aussi appelées lanternes colorées, sont nées en Chine il y a près de 1 800 ans au cours de la Dynastie des Han de l’ouest. Chaque année, au cours de la Fête des lanternes, qui tombe le 15e jour du premier mois lunaire, les gens accrochent des lanternes rouges pour créer une atmosphère festive, car les lanternes sont un symbole de réunion. Depuis la Dynastie des Han de l’ouest, les lanternes chinoises sont utilisées lors de toutes les occasions joyeuses au sein de la communauté chinoise.

On trouve différents types de lanternes chinoises comme les lanternes palais, les lanternes shadeng en gaze, les lanternes swag et bien d’autres encore.

Sur ces lanternes chinoises apparaissent de nombreuses formes de décoration qui peuvent êtres classées en motifs figuratifs comme les paysages, les fleurs et les oiseaux, les dragons et les phénix, les poissons et les insectes. Des scènes de vies peuvent aussi être dépeintes tout autour de la lanterne pour le divertissement des gens.

Les formes des lanternes varient également. La lanterne la plus traditionnelle a une forme ovale et est de couleur rouge, décorée de pompons dorés. Ce modèle traditionnel apparaît parfois en forme carrée.

Les matériaux utilisés pour la fabrication de la lanterne chinoise varient également. Le plus souvent, le support est construit en bambou, en bois, en rotin et en fil de fer. L’abat-jour est fait de soie ou de papier semi-transparent. Les décorations sont appliquées selon différentes méthodes : calligraphie, peinture, broderie et papier découpé.

En plus d’apporter de la lumière et une atmosphère spéciale le soir et la nuit, les lanternes chinoises portent également une dimension symbolique. Selon Wu Dunhou, un spécialiste taiwanais, les lanternes palais utilisées lors des mariages symbolisent la fête joyeuse, tandis que les lanternes aux supports de bambou ont une connotation funéraire.

Toujours selon Wu Dunhou, les lanternes parasol portant des noms de famille représentent l’abondance pour les membres masculins d’une famille parce que le son du mot « lanterne » en mandarin est similaire à celui de « hommes de la famille ». Dans le passé, chaque famille accrochait des lanternes portant des noms de famille aux corniches et dans les salles à manger.

Dans l’antiquité chinoise, lorsque l’école commençait le premier mois lunaire de l’année, les parents préparaient une lanterne pour leurs enfants, qui était ensuite allumée par les enseignants pour symboliser un avenir brillant pour l’année à venir. Cette cérémonie d’allumer une lanterne a évolué et est devenu une coutume de porter des lanternes tout le long de la Fête des lanternes.

Pendant la période Kaiyuan de la Dynastie Tang, les gens fabriquaient des lanternes en forme de dragon pour célébrer la paix et la prospérité. (ocad123/Flickr)

Pendant la période Kaiyuan de la Dynastie Tang, les gens fabriquaient des lanternes en forme de dragon pour célébrer la paix et la prospérité. (ocad123/Flickr)

La Fête des lanternes

La coutume d’admirer des lanternes au cours de cette fête remonte aux premiers jours de la Dynastie Han. Au cours de la période Kaiyuan de la Dynastie Tang, les gens fabriquaient des lanternes en forme de dragon pour célébrer la paix et la prospérité. Depuis, la culture des lanternes s’est largement popularisée.

Lorsque Zhu Yuanzhang de la Dynastie Ming a installé la capitale chinoise à Nanjing, des dizaines de milliers de lanternes ont été lancées le long de la rivière Qinghuai. Au cours du règne de l’Empereur Yongle, en plus d’élever le lampadaire de Dali Bie Shan à la Porte du milieu, il a également établi un marché aux lanternes devant la Porte Hua. Et à Pékin aujourd’hui, une rue porte le nom Dengshikou, ce qui signifie « marché aux lanternes ».

Les légendes de l’origine de la Fête des lanternes

De nombreuses légendes entourent l’origine de la Fête des lanternes. Voici la plus populaire d’entre elles. La coutume d’exposer des lanternes lors de cette fête remonte à la Dynastie des Han de l’Est. L’Empereur Mingdi était un bouddhiste pieux. Un jour, il a appris l’existence de la tradition d’allumer des lanternes pour vénérer le Bouddha le 15e jour du premier mois lunaire. Dans le but de promouvoir le bouddhisme, l’Empereur a ordonné à tous ses sujets de présenter des lanternes allumées chez eux ce soir-là, en plus de toutes celles allumées dans les palais et les temples. Ainsi, une tradition bouddhiste est progressivement devenue une fête populaire.

L’origine des lanternes palais pourrait être celle-ci. Au cours de la période Yongzheng de la Dynastie Qing, un vieil homme de la province du Hebei était très habile dans la construction des lanternes. Ce vieil homme avait construit plusieurs lanternes et les vendait sur le marché du canton de Gaocheng. Un jour, le magistrat du canton qui se baladait sur le marché, admira les lanternes du vieil homme et les acheta toutes d’un coup.

Les lanternes fabriquées par ce vieil artisan étaient vraiment uniques avec une finition affinée. Le magistrat les aimait tellement qu’il les considérait comme un trésor.

La même année devait être prélevé le tribut pour l’empereur et le magistrat se défit avec peine de plusieurs lanternes pour les offrir en cadeau à l’empereur.

L’empereur s’enthousiasma vivement à la vue de ces lanternes. Non seulement, il récompensa généreusement le magistrat, mais l’empereur reconnut ces lanternes comme tribut. Il suspendit ces lanternes rouges dans tout le palais. C’est ainsi qu’elles reçurent le nom de lanternes palais.

Lors de la Dynastie Qing, ces lanternes rouges étaient suspendues dans tout le palais. C'est ainsi qu'elles reçurent le nom de lanternes palais.  (j.kunst/Flickr)

Lors de la Dynastie Qing, ces lanternes rouges étaient suspendues dans tout le palais. C’est ainsi qu’elles reçurent le nom de lanternes palais. (j.kunst/Flickr)

Les lanternes chinoises aujourd’hui

Bien que les lanternes chinoises aient avant tout une fonction esthétique, elles sont toujours fabriquées et utilisées par les Chinois d’aujourd’hui. Comme autrefois, ces lanternes ont gardé leur dimension artistique et servent à éclairer et décorer.

Dans les rues des grandes villes comme des petits villages de Chine, des lanternes rouges dressent le décor des fêtes comme le nouvel An chinois, la Fête de la mi-automne et la Fête des lanternes.

Pour voir les plus belles expositions de lanternes traditionnelles, il faut aller à Pékin, Hong Kong et Nanjing. À Pékin, des fêtes traditionnelles ont lieu dans de nombreux endroits et les lanternes chinoises peuvent être admirées un peu partout.

Bien que les lanternes chinoises aient avant tout une fonction esthétique, elles sont toujours fabriquées et utilisées par les Chinois d'aujourd'hui (ocad123/Flickr)

Bien que les lanternes chinoises aient avant tout une fonction esthétique, elles sont toujours fabriquées et utilisées par les Chinois d’aujourd’hui (ocad123/Flickr)

Version anglaise : http://www.chinagaze.com/2013/07/02/the-legend-of-the-chinese-lantern-and-the-chinese-lantern-festival

Le visage de la Chine il y a mille ans

La culture de la Chine antique domine le monde

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Autrefois, la Chine était le seul pays avec des villes dont la population dépassait un million de personnes. Au 11e siècle, la population des plus grandes villes européennes comme Londres, Paris et Venise ne dépassait pas 10 000 habitants (ralphrepo/Flickr)

Il y a mille ans, toutes les villes du monde étaient plongées dans le noir total une fois la nuit venue. Mais la Chine restait éclairée de lumières éclatantes et joyeuses.

Le soir, la plupart des grandes villes du monde étaient calmes et paisibles, mais en Chine, les habitants de nombreuses villes étaient animés par les chants et les rires.

Les villes de la Chine ancienne étaient les plus peuplées au monde

À l’époque, la Chine était le seul pays comptant des villes de plus d’un million d’habitants. Au 11e siècle, les plus grandes villes d’Europe comme Londres, Paris et Venise ne rassemblaient pas plus de 10 000 habitants.

Mais la capitale chinoise abritait près d’1,5 million de personnes. Six autres grandes villes chinoises comptaient plus de 200 000 habitants et 46 villes plus de 100 000 habitants.

Au 13e siècle, la seconde plus grande ville en dehors de Chine était Bagdad en Irak qui comptait une population de près de 500 000 personnes. Venise, la ville la plus prospère de l’Occident, ne comptait pas plus de 100 000 habitants alors que Hangzhou, Suzhou et Chengdu en Chine rassemblaient chacune plus d’un million de personnes.

Au 14e siècle, Londres n’abritait encore que 40 000 personnes et Paris 60 000. Lorsque des citoyens de Venise se sont rendus dans la ville de Quanzhou dans la province du Fujian en Chine, ils se sont exclamés : « Cette ville chinoise est la Ville-lumière ! »

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Il est probable que les Italiens ont inventé les spaghetti après avoir découvert les nuilles chinoises (John-Morgan/Flickr)

Les anciennes villes chinoises étaient très développées

Ces villes proposaient des centres publics de soins de santé, des orphelinats, des infrastructures pour les personnes âgées et des cimetières publics pour les pauvres. En de nombreuses façons, les centres de soin étaient très similaires à ceux d’aujourd’hui.

À cette époque, l’Europe était encore relativement pauvre et peu développée, l’Amérique du nord et l’Afrique encore très primitives. La différence de développement entre la Chine et le reste du monde était immense.

Lorsque les voyageurs de Venise ont visité Hangzhou dans la province du Zhejiang, ils l’ont comparée au « paradis » ou l’ont encore qualifiée de « ville la plus belle et la plus noble du monde. »

Il semblerait que les Italiens se soient également inspiré des nouilles chinoises pour créer les spaghetti ou encore de la crème glacée chinoise pour créer la glace italienne.

À l’époque, l’industrie métallurgique de la Chine du Nord produisait 14 millions de tonnes annuelles. En 1788, toute l’industrie britannique ne produisait pas plus de 85 000 tonnes d’acier par an.

Le monde a adopté les inventions chinoises

Au 11e siècle, la Chine utilisait déjà de l’argent papier qui n’a été développé en Europe qu’après le 17ème siècle. En 1661, les notes de banque suédoises ont été les premières à être mises en circulation en Europe. La monnaie chinoise était aussi plus forte que le dollar américain ou l’euro européen d’aujourd’hui.

Il y a mille ans, les Chinois avaient déjà un sens des affaires très développé. Par exemple, les citoyens de la Dynastie Song échangeaient de la porcelaine créée à base de terre contre de grosses sommes d’argent et d’or.

À une époque, les Chinois étaient tenus en haute estime par les nations du monde entier. Les créations des artisans chinois étaient considérées comme des trésors nationaux. Ils utilisaient les aptitudes techniques hautement développées en échange de matériaux bruts. Pourtant, aujourd’hui, des millions de Chinois sont forcés de travailler comme des esclaves pour survivre.

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Les artisans de la Dynastie Song échangeaient de la porcelaine contre de grandes quantités d’or et d’argent (Cåsbr/Flickr)

Les Chinois de l’Antiquité étaient fiers de leur culture

Il y a mille ans en Chine, les habitants de la ville de Luoyang étaient fiers de pouvoir dire : « Je suis heureux parce que je vis dans la meilleure ville du monde ! »

Aujourd’hui, les Chinois manquent totalement de confiance en eux pour pouvoir dire une telle chose. Dans de nombreux aspects, les Chinois ont abandonné leur propre culture resplendissante au profit des doctrines médiocres de l’Occident.

Il y a mille ans, la Chine était considérée comme le « centre du monde » et comme un pays précurseur en termes d’agriculture, de commerce, de manufacture, d’artisanat et de divertissement. La Chine dominait également le monde dans les domaines de l’économie, de la politique, de la technologie, de la culture, de l’éducation et de l’armée.

Aujourd’hui, la Chine est connue pour ses biens et sa main-d’œuvre à bon marché. En bien des façons, la Chine a accumulé du retard sur le reste du monde

La puissance de la Chine d’autrefois était alimentée par le travail et la sagesse de ses ancêtres. Mais les Chinois d’aujourd’hui se laissent entraîner dans l’apathie et la paresse, provoquant le retard de la société chinoise actuelle.

Qui doit-on accuser pour la perte de la grandeur de la culture ancestrale ?

Il y a mille ans, Xi’an était considérée comme la plus grande ville au monde ainsi que le plus grand centre culturel asiatique, un carrefour des religions et du commerce. Le produit intérieur brut s’élevait alors à près de 80 % du PIB mondial. Les Chinois d’aujourd’hui se demandent avec stupeur comment cela est possible.

Peu de Chinois acceptent de réaliser que la Chine actuelle est bien pâle en regard de son riche et glorieux passé de culture dominant le monde.

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Aujourd’hui, la Chine est connue pour ses produits et sa main d’oeuvre bon marché. En de nombreuses façons, la Chine a accumulé beaucoup de retard sur le reste du monde (Daniel Gorecki/Flickr)

Version anglaise : http://www.chinagaze.com/2013/06/25/the-face-of-china-1000-years-ago/
Version chinoise : http://www.secretchina.com/news/12/05/23/452920.html