Archives du mot-clé Dynastie Tang

Selon la philosophie chinoise, le destin d’une personne est déterminé par les cieux

CHINA GAZE

L'un dit à l'autre : « Nous devons bien servir ce vieil homme, car c'est lui qui déterminera notre avenir. » L'autre répondit : « Non, ce n'est pas lui qui décide de notre avenir, ce sont les divinités.» (edwin.11/Flickr)

L’un dit à l’autre : « Nous devons bien servir ce vieil homme, car c’est lui qui déterminera notre avenir. » L’autre répondit : « Non, ce n’est pas lui qui décide de notre avenir, ce sont les divinités.» (edwin.11/Flickr)

L’histoire d’un célèbre politicien de la Dynastie Tang

De nombreuses histoires du passé de la Chine reflètent directement sa philosophie. En voici une.

Une nuit, Wei Zheng, un célèbre politicien de la Dynastie Tang, entendit au loin deux de ses serviteurs débattre entre eux. L’un disait à l’autre : « Nous devons bien servir ce vieil homme, car c’est lui qui déterminera notre avenir. » L’autre répondait : « Non, ce n’est pas lui qui décide de notre avenir, ce sont les divinités.»

Les deux n’arrivant pas à se convaincre l’un l’autre, Wei Zheng demanda au serviteur qui avait dit que son destin serait déterminé par son Maître d’entrer. Il lui demanda d’aller transmettre une lettre au gouverneur local. Personne, à l’exception de Wei Zheng, ne savait que dans cette lettre il était écrit : « Veuillez accorder une promotion à ce messager. »

Mais l’homme à qui Wei Zheng avait demandé de porter le message fut pris d’une soudaine crise cardiaque et ne put plus se relever. L’autre serviteur délivra donc la missive à sa place.

Wei Zheng fut très surpris de découvrir qu’en dépit de son plan, c’est le serviteur qui avait dit que le destin est déterminé par les divinités qui obtint la promotion.

Wei Zheng fut très surpris de découvrir qu'en dépit de son plan, c'est le serviteur qui avait dit que le destin est déterminé par les divinités qui obtint la promotion. (scjody/Flickr)

Wei Zheng fut très surpris de découvrir qu’en dépit de son plan, c’est le serviteur qui avait dit que le destin est déterminé par les divinités qui obtint la promotion. (scjody/Flickr)

Version anglaise : In Chinese Philosophy, a Person’s Fate is Decided by Heaven

Publicités

La Grande Muraille de Chine, la plus longue construction au monde

Écrit par CHINA GAZE

Originellement construite en terre battue, la Grande Muraille de Chine a été rénovée au cours de la Dynastie Ming (1368-1644), période durant laquelle l'usage de la brique et de la pierre s'est généralisé (Francisco Diez/Flickr)

Originellement construite en terre battue, la Grande Muraille de Chine a été rénovée au cours de la Dynastie Ming (1368-1644), période durant laquelle l’usage de la brique et de la pierre s’est généralisé (Francisco Diez/Flickr)

La Grande Muraille de Chine est la plus longue structure humaine sur terre. Au cours de sa construction, la Grande muraille était aussi appelée, « le plus long cimetière sur terre », près d’un million de personnes ayant trouvé la mort pendant sa construction. Originellement construite en terre battue, la Grande Muraille de Chine a été rénovée au cours de la Dynastie Ming (1368-1644), période durant laquelle l’usage de la brique et de la pierre s’est généralisé.

La Grande Muraille de Chine est constituée de passages frontaliers, de remparts de ville et de tours de garde. Les troupes de défense comptaient sur les passages frontaliers, présentant des passages suffisamment larges pour laisser passer des échelles et des chevaux. Le toit des remparts de ville est large de 1,5 mètre de sorte que les provisions, les armes et autres objets de temps de guerre pouvaient être transférés.

Les remparts de ville sont hauts de plus de 3 mètres , avec des corniches extérieures en contrefort permettant d’observer et de tirer. La plupart des remparts sont construits en bois et en brique, allant de 1 à 3 étages. L’arête est décorée de tuiles en formes d’animaux, de dragons torsadés et de lions.

Les matériaux des murs variaient avec le climat. L’utilisation de la brique s’est généralisée avec le temps, surtout après la Dynastie Tang et la progression de la production de brique. Les murs en maçonnerie étaient parfois utilisés, comme les remparts autour de Badaling (la section la plus visitée de la Grande Muraille) construits avec de gigantesques pierres de taille.

Au début, les portes des villes étaient construites en linteaux de bois. Mais sous la Dynastie Ming, des passages en forme d’arche ont été construits en briques et en pierres et à l’intérieur, les deux battants des grandes portes en bois étaient décorés de clous métalliques géants.

Sur la Grande Muraille, les barbacanes présentaient le meilleur moyen de l’époque pour communiquer. Pendant la journée, les soldats suspendaient des drapeaux, jouaient des hochets, lançaient des feux d’artifice et brûlaient des herbes ou des brindilles pour envoyer des signaux de fumée. La nuit, ils allumaient des lanternes ou brûlaient des herbes séchées dans un panier pour créer des signaux avec les étincelles.

La Grande Muraille de Chine est la plus longue structure humaine sur terre. Au cours de sa construction, la Grande muraille était aussi appelée, « le plus long cimetière sur terre », près d'un million de personnes ayant trouvé la mort pendant sa construction (degreezero/Flickr)

La Grande Muraille de Chine est la plus longue structure humaine sur terre. Au cours de sa construction, la Grande muraille était aussi appelée, « le plus long cimetière sur terre », près d’un million de personnes ayant trouvé la mort pendant sa construction (degreezero/Flickr)

Version anglaise : The Great Wall of China, the World’s Longest Landmark

L’évolution des objets du thé au cours des dynasties chinoises

Écrit par Lily Wang, CHINA GAZE

Les Chinois de la Dynastie Tang utilisaient différentes méthodes de préparation du thé. L'une de ces méthodes était de faire bouillir les feuilles de thé mélangées à du gingembre, des poireaux, de la menthe, des dattes, du cornouiller et de la peau d'orange. Cette méthode était déjà utilisée au cours de la Dynastie Han (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

Les Chinois de la Dynastie Tang utilisaient différentes méthodes de préparation du thé. L’une de ces méthodes était de faire bouillir les feuilles de thé mélangées à du gingembre, des poireaux, de la menthe, des dattes, du cornouiller et de la peau d’orange. Cette méthode était déjà utilisée au cours de la Dynastie Han (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

Les objets du thé au cours des différentes dynasties

Lorsque l’on parle de la Chine antique et de ses inventions, les objets du thé se trouvent en bonne position en haut de la liste. Les objets du thé, tout comme les coutumes du thé, se sont développées parallèlement avec l’évolution des tendances, des besoins et des goûts des gens au cours de différentes époques. Pour pouvoir apprécier un objet du thé au même titre que toute œuvre d’art, nous devons d’abord comprendre un peu de son histoire. De la sorte, en observant un objet particulier, nous saurons où le situer sur une ligne du temps et nous pourrons l’apprécier dans son juste contexte. Ce qui semble vieux et sans attrait aujourd’hui peut avoir été un produit très à la mode voire en avance sur son temps à l’époque de sa création !

La Dynastie Tang (618-907)

La Dynastie Tang a été une des périodes les plus puissantes et prospères de l’histoire chinoise. L’abondance économique et la vie culturelle florissante ont formé les conditions essentielles au développement de la culture du thé.

L’usage de boire le thé s’est rapidement développé des régions méridionales de la Chine vers le nord jusqu’à atteindre les frontières du pays au cours de cette dynastie. La cour impériale de la Dynastie Tang portait une grande attention envers tout ce qui avait trait à la consommation du thé. Le facteur le plus influent qui ait contribué à l’établissement de la culture chinoise du thé a été le célèbre traité « Le Classique du thé » (en chinois Cha Jing) écrit par Lu Yu au milieu du 8ème siècle.

Dans la seconde partie de la Dynastie Tang, différents objets de couleur blanche similaire à la porcelaine se sont répandus dans le nord du pays, dont les objets « xing » cités dans le Classique du thé, ou les objets « ding ». La variété des formes d’aiguières (sorte de vase avec bec et anse) que l’on retrouve alors dans la région de Changsha dans la province du Hunan, souligne un développement historique important dans les techniques de peinture de décors sur céramique.

Aiguière vernissée en forme de plaquemine (kaki), Dynastie Tang ou Liao, 9-10ème siècle (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong )

Aiguière vernissée en forme de plaquemine (kaki), Dynastie Tang ou Liao, 9-10ème siècle (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong )

La Dynastie Song (960-1279)

Au cours de la Dynastie Song, la culture chinoise du thé était déjà bien établie au sein de la société au point que le thé soit reconnu comme une boisson nationale consommée par tous les niveaux sociaux.

Le développement florissant de la production de céramiques au cours de la Dynastie Song a permis l’émergence des objets des Cinq fours classiques : Ru Ding, Guan, Jun et Ge. En-dehors de ces fours très célèbres, un grand nombre de fours produisant des objets du thé, chacun présentant leurs distinctions régionales, ont existé au cours de cette période. On retrouve par exemple des objets de Yaozhou et de Cizhou dans le nord de la Chine ou encore de Yue, Jian, Jizhou et Longquan dans le sud de la Chine.

La texture épaisse et crémeuse ainsi que la subtile couleur bleu émeraude des glaçures est devenu la marque de qualité du céladon de la Dynastie Song. Par ailleurs, la fine porcelaine blanche, à l’exemple des objets « ding » créés à cette période était appréciée pour son lustre blanc à la nuance jaune.

La fabrication d’objets à glaçure noire a trouvé son apogée au cours de la Dynastie Song. C’était également une période dominante dans l’utilisation, lors des concours de préparation du thé, de bols brun sombre. Diverses formes d’objets à thé noirs sont également à noter pour leur glaçure marbrée et leurs motifs goutte d’huile ou fourrure de lièvre.

Le mode de préparation du thé le plus populaire à l'époque était la méthode du thé battu. Le thé était d'abord réduit en poudre fine. La quantité appropriée de thé était placée dans un bol et l'eau chaude était ensuite ajoutée. Le mélange était alors battu avec un fouet en bambou jusqu'à ce que de la mousse apparaisse à la surface (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

Le mode de préparation du thé le plus populaire à l’époque était la méthode du thé battu. Le thé était d’abord réduit en poudre fine. La quantité appropriée de thé était placée dans un bol et l’eau chaude était ensuite ajoutée. Le mélange était alors battu avec un fouet en bambou jusqu’à ce que de la mousse apparaisse à la surface (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

La Dynastie Ming (1368-1644)

L’émergence des théières pour la préparation des feuilles de thé entières constitue le développement majeur des objets du thé au cours de la Dynastie Ming.

La société lettrée de la Dynastie Ming considérait la consommation de thé comme un moyen à part entière d’élever son tempérament. Les érudits de l’époque aimaient à se rencontrer entre amis pour partager le thé.

En réalité, la théière a été inventée au 16ème siècle avec l’émergence de la méthode d’infusion des feuilles de thé entières.

Au début, les théières étaient plutôt grandes, mais leur taille a diminué avec le temps. Les amateurs de thé ont en effet observé qu’un récipient de taille réduite présentait l’avantage de retenir l’arôme du thé et l’empêchait de devenir amer à cause d’une infusion prolongée. Infuser le thé dans une petite théière permettait de conserver la fragrance tout en libérant les arômes.

Les métaux précieux étaient utilisés pour fabriquer les théières, mais les artisans ont rapidement découvert que les théières en céramique convenaient le mieux à la préparation du thé. Ils ont également observé que l’utilisation de différents matériaux bruts dans la fabrication de la porcelaine et des objets du thé en argile pourpre apportait différentes sensations lors de la préparation et la dégustation du thé.

Aiguière avec motifs bleus sous glaçure (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

Aiguière avec motifs bleus sous glaçure (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

La Dynastie Qing (1644-1911)

Les objets du thé en porcelaine de la Dynastie Qing étaient décorés avec différentes glaçures. Les glaçures apparentées aux objets « wucai » se sont enrichies avec le temps de bleu et de noir. Au cours de la période Kangxi, les potiers ont créé des émaux opaques, des matériaux vitreux sous forme de poudres souvent importées. Plus tard, les potiers chinois ont utilisé les mêmes matériaux bruts pour créer les émaux « fencai » pour porter l’art de la décoration sous glaçure vers de nouvelles hauteurs.

Au cours de la période Yongzheng est apparue une grande variété d’objets en porcelaine présentant des styles élégants et subtils, peints avec des motifs sépia et noir. L’application de plus en plus répandue de motifs en dorures sur les céramiques a rendu les objets de la Dynastie Qing encore plus somptueux.

En contraste aux porcelaines richement décorées, les objets en terre pourpre et sans glaçure de la région de Yixing étaient également recherchés pour leurs formes rustiques, leurs contours délicats et leurs motifs joliment gravés.

La production de céramique sous la Dynastie Qing a atteint sa maturité lors de la période Qianlong. À cette époque, les fours les plus remarquables se trouvaient à Jingdezhen dans la province du Jiangxi ou à Yixing dans la province du Jiangsu. La porcelaine et l’argile pourpre de ces régions ont acquis une même réputation et proposaient des objets d’une qualité inégalée au cours de la période Qing.

Ustensiles pour la préparation du thé selon la méthode gongfu (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

Ustensiles pour la préparation du thé selon la méthode gongfu (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

Théière décorée dans le style doucai représentant les Trois amis de l'hiver (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

Théière décorée dans le style doucai représentant les Trois amis de l’hiver (Lam Tin/Musée des objets du thé de Hong Kong)

Version anglaise : Tea Ware is One of Ancient China’s Greatest Inventions